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« Résistantes » un beau film, parfois mal accueilli…

jeudi 30 janvier 2020, par Anne Doussin

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Ce film documentaire, RÉSISTANTES, de la réalisatrice Fatima Sissani, c’est le regard croisé de trois femmes, Eveline, Zoulikha, Alice, engagées au côté du FLN sur la colonisation et la guerre d’indépendance algérienne. Elles connaîtront la clandestinité, la prison, la torture, l’hôpital psychiatrique. C’est au crépuscule de leur vie qu’elles choisissent de témoigner, après des décennies de silence. Avec clarté et pudeur, elles racontent l’Algérie coloniale, la ségrégation, le racisme, l’antisémitisme, la prison, la torture, les solidarités, la liberté et aussi la nature qui ressource, les paysages qui apaisent, la musique et la poésie qui permettent l’échappée …

Le directeur du cinéma l’Utopie à Sainte Livrade (47), où la projection était prévue le 23 novembre, a précisé pour expliquer la démarche du film : «  Par la visite des camps de Bias, Sainte-Livrade et du Cafi, nous souhaitions, avec Fatima Sissani, donner la parole à des femmes d’hier à aujourd’hui.  »
Lors de cette manifestation organisée dans le cadre des AOC de l’égalité en Nouvelle-Aquitaine [1], en partenariat avec la revue Ancrage, la projection devait être suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

Mais la projection de ce film n’a pas pu avoir lieu

Devant les menaces d’incendie du cinéma si la projection était maintenue, le directeur de l’Utopie a dû annuler. Ces menaces ont été accompagnées de manifestations de violence devant le cinéma. Selon plusieurs associations de Lot-et-Garonne [2] : « À Sainte-Livrade, la diffusion n’a pas été possible à cause d’une poignée d’individus se prétendant représentatifs de la communauté harkie et dénonçant un film insultant et la présence d’une supposée représentante du FLN. (…) Ces individus ne connaissaient pas le contenu du film mais cela leur importait peu. Même la cause harkie ne semblait pas les préoccuper car pour eux les femmes témoignant dans le film n’étaient pas des « résistantes » mais des « terroristes » et ils ont piétiné le drapeau algérien devant le cinéma ».
Ces associations tiennent «  à reconnaître la souffrance des Harkis, victimes comme l’ensemble du peuple algérien de la politique coloniale de l’État français et qui ont été les oubliés de l’histoire après 1962  »,
Au témoignage de ceux qui ont pu le voir, le film documentaire Résistantes n’évoque à aucun moment les Harkis.

En protestation contre cette atteinte aux droits et cette violence, des associations du département du Lot-et-Garonne, en région Nouvelle-Aquitaine, se sont réunies contre cet état de fait. Elles demandent donc « que des poursuites soient engagées contre les individus ayant censuré la projection du film et que la liberté d’expression soit garantie dans les cinémas et les espaces culturels ».

Outre une lettre ouverte de l’Observatoire de la liberté de création dont la LDH est membre, tous les cinémas du réseau Ecrans 47 et le CINA [3] ont décidé de projeter le film sur une journée symbolique, le mardi 4 février 2020.

Lettre ouverte de l’Observatoire de la création. sur le site de la LDH


[1collectifs d’associations : La courte échelle.ed Transit ; Hendaia Film Festival ; Syndicat des quartiers populaires de Marseille ; Approche culture.

[2L’écran livradais-Cinéma l’Utopie ; Les Montreurs d’Images ; Les Porteurs d’ID ; Repères ; la revue Ancrage ; Atel4 ; Solidarité Réseau d’éducation sans frontières 47 ; La Maison des Femmes ; Attac Villeneuve-sur-Lot ; la Ligue des droits de l’Homme de Villeneuve-sur-Lot ; le MRAP ; Palestine 47.

[3Cinémas indépendants en Nouvelle-Aquitaine

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